On pense les temps sont troubles, âpres pour beaucoup, terribles pour certains. On pense c’est foutu et l’on dit pourtant demain il fera jour.
Et tandis que l’on dit cela, on ouvre à l’improbable un lieu pour le possible, l’inespéré. Un lieu pour le rebond, un lieu qui existe simplement d’avoir été nommé. On entre dans la forêt dont le cœur est obscur. Mais que l’on dise qu’au bout se trouve la clairière et déjà on la sent et déjà on la voit. Le langage est magie. Le langage est prophète. Il ne réalise rien pour nous. Il ne fait pas à notre place. Il nous faut, bien sûr, pour aller de l’avant d’autres outils, d’autres armes mais il a cette force de soulever des montagnes.
les Bernardines janvier 2009